Hannah Arendt
1906-1975 — œuvre majeure : Eichmann à Jérusalem
Penser le totalitarisme et la déshumanisation : le mal extrême peut être « banal ».
Le contexte
Juive allemande apatride, réfugiée aux États-Unis, elle écrit à partir de l'expérience des régimes totalitaires. Les Origines du totalitarisme paraît en 1951 ; elle couvre le procès Eichmann en 1961.
Sa thèse, développée
Les apatrides de l'entre-deux-guerres révèlent que les droits de l'homme, censés appartenir à l'homme comme tel, ne protègent en réalité que le citoyen : privé de communauté politique, l'homme perd tout, y compris sa qualité d'homme. D'où le premier des droits : le droit d'avoir des droits. Et au procès Eichmann, le constat de la « banalité du mal » — l'exécutant du pire n'était pas un monstre, mais un homme incapable de penser depuis la place d'un autre.
Ce qu'on ne peut pas lui faire dire
Prendre la banalité du mal pour une excuse, ou croire qu'Arendt disculpe Eichmann. Elle approuve la condamnation. Le constat porte sur la pensée, pas sur la responsabilité. Second contresens : lui faire dire que les droits de l'homme sont une illusion — elle en montre la fragilité pour exiger qu'on les institue.
Où le placer dans un devoir
L'objection la plus forte à l'universalisme abstrait, et la meilleure Partie II sur les droits de l'homme. Sur l'inhumain, elle est incontournable.
Qui lui répond
Kant, dont elle montre la limite pratique : la dignité proclamée ne protège personne sans institution. Et Levi, qui décrit de l'intérieur ce qu'elle analyse du dehors.
Ses apports
- La « banalité du mal ».
- La distinction travail / œuvre / action.
- La fragilité de la condition humaine.