Freud
1856-1939 — œuvre majeure : Malaise dans la civilisation
L'homme n'est pas maître de lui ; la civilisation se paie d'un refoulement des pulsions.
Le contexte
Vienne, la naissance de la psychanalyse, et un siècle qui va démentir toutes les promesses du progrès. Malaise dans la civilisation paraît en 1930.
Sa thèse, développée
Trois vexations ont été infligées à l'amour-propre humain : Copernic (la Terre n'est pas au centre), Darwin (l'homme n'est pas hors du règne animal), la psychanalyse enfin — « le moi n'est pas maître dans sa propre maison ». Et la civilisation, qui devait nous protéger, exige un renoncement pulsionnel qui la rend invivable : l'agressivité n'est pas un accident de l'humanité, c'en est une composante.
Ce qu'on ne peut pas lui faire dire
Réduire Freud à « tout est pulsion » ou « tout est sexuel ». Il maintient une exigence de culture et ne justifie rien : décrire l'agressivité n'est pas l'excuser.
Où le placer dans un devoir
Indispensable dès qu'un sujet demande d'où vient l'inhumain : il permet de le loger dans l'homme sans recourir au monstre. Excellent aussi en Partie I sur l'animalité.
Qui lui répond
Kant et toute morale de l'autonomie : si le moi n'est pas maître chez lui, que devient la responsabilité ? La tension est féconde, ne la résolvez pas trop vite.
Ses apports
- L'inconscient.
- La culture comme renoncement pulsionnel.
- Le « malaise » dans la civilisation.