Pascal
1623-1662 — œuvre majeure : Pensées
L'homme, grandeur et misère : faible comme un roseau, mais grand par la pensée.
Le contexte
Un savant de premier ordre qui, après 1654, met la géométrie au service de l'apologie. Les Pensées sont des fragments destinés à un ouvrage jamais achevé.
Sa thèse, développée
L'homme est double, et sa grandeur tient à sa misère : « L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature ; mais c'est un roseau pensant. » Il ne vaut pas parce qu'il est fort — il ne l'est pas — mais parce qu'il sait qu'il meurt, là où l'univers qui l'écrase ne sait rien. D'où le divertissement : nous nous agitons pour ne pas rester en repos avec cette conscience.
Ce qu'on ne peut pas lui faire dire
Faire du divertissement une critique des loisirs. Pascal vise toute activité qui nous détourne de notre condition, y compris le travail, la guerre et l'ambition. Second contresens : citer le roseau pensant comme un éloge de l'homme — c'est un constat de faiblesse dont la pensée est la seule compensation.
Où le placer dans un devoir
Excellent en accroche sur la nature humaine, et en Partie II pour introduire la conscience de la mort comme critère. Utilisable aussi sur le bonheur, via le divertissement.
Qui lui répond
Rousseau, pour qui la conscience n'est pas notre grandeur mais notre malheur (la perfectibilité, « source de tous les malheurs de l'homme »). Et Freud, qui donne au divertissement un nom clinique.
Ses apports
- Le « roseau pensant ».
- Le divertissement, fuite de la condition humaine.
- Les deux infinis : l'homme entre tout et rien.