Rousseau
1712-1778 — œuvre majeure : Discours sur l'origine de l'inégalité
L'homme naît bon, la société le corrompt ; la perfectibilité le distingue de l'animal.
Le contexte
Le Second Discours (1755) répond à une question d'académie sur l'origine de l'inégalité. Rousseau y construit une hypothèse — l'état de nature — dont il dit lui-même qu'il « n'existe plus, n'a peut-être point existé ».
Sa thèse, développée
Il écarte l'entendement, trop discutable, et retient deux traits : l'homme est un agent libre — il peut résister à l'instinct — et il est perfectible. Mais la perfectibilité n'est pas un cadeau : c'est elle qui tire l'homme de l'état de nature, invente la propriété, l'inégalité et la dépendance. « Cette faculté distinctive […] est la source de tous les malheurs de l'homme. »
Ce qu'on ne peut pas lui faire dire
« L'homme est bon » — Rousseau ne l'écrit pas ainsi, et le « bon sauvage » n'est pas de lui. Il dit que l'homme est bon à l'état de nature, c'est-à-dire dans une hypothèse méthodologique, et que la société l'a corrompu. Confondre l'hypothèse et la thèse historique est le contresens le plus fréquent sur ce texte.
Où le placer dans un devoir
La position la plus utile pour une troisième partie : elle rompt avec la nature humaine fixe sans verser dans l'optimisme du progrès. Indispensable sur tout sujet mêlant nature, culture et technique.
Qui lui répond
Hobbes, pour qui l'état de nature est une guerre de tous contre tous et la société un remède. Les deux hypothèses sont symétriques : c'est le couple le plus rentable du thème.
Ses apports
- L'état de nature et le « bon sauvage ».
- La perfectibilité comme propre de l'homme.
- La pitié naturelle.