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Sartre

1905-1980 — œuvre majeure : L'existentialisme est un humanisme

L'homme n'a pas d'essence donnée : il se fait, et en est responsable.

Le contexte

1946, l'année d'après-guerre. Sartre donne une conférence pour défendre l'existentialisme contre l'accusation de désespoir. La même année, Heidegger publie sa Lettre sur l'humanisme.

Sa thèse, développée

Pour un coupe-papier, l'essence précède l'existence : l'artisan sait ce qu'il fabrique. Pour l'homme, il n'y a pas d'artisan — il existe d'abord, se définit ensuite. D'où l'angoisse, le délaissement, et une responsabilité entière : « l'homme est condamné à être libre ». Aucune excuse tirée de la nature, du tempérament ou du milieu n'est recevable.

Ce qu'on ne peut pas lui faire dire

En conclure que tout est permis. Sartre soutient l'inverse : en me choisissant, je choisis une image de l'homme, donc je choisis pour tous. Second contresens : ranger Sartre et Heidegger du même côté parce qu'ils parlent d'humanisme la même année — ils s'opposent frontalement.

Où le placer dans un devoir

Partie II ou III sur la nature humaine, en face d'Aristote ou de Descartes. C'est la position qui refuse toute essence sans renoncer à la morale.

Qui lui répond

Heidegger (1946), pour qui renverser l'ordre essence/existence, c'est rester dans la métaphysique qu'on prétend quitter. Et Bourdieu, pour qui la liberté sartrienne ignore ce que le social a déjà déposé en nous.

Ses apports

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« L'existentialisme est un humanisme. »— Sartre

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